Accueil

Vins de Touraine

Les Vignobles

les vendanges

Le Cognac

La route des vignobles de Touraine

La route touristique des vignobles de Touraine traverse plusieurs siècles d'histoire et des dizaines d'appellations. De bourgueil en chinon, de vouvray en montlouis, elle a pour fil conducteur le plus grand fleuve français, la Loire, et ses nombreux affluents comme la Vienne et l'Indre. Sans caractère exhaustif, cette balade met en relief une extraordinaire palette de terroirs et l'inépuisable richesse de son patrimoine touristique...



Vouvray et ses alentours
À tout seigneur, tout honneur : pour ouvrir la route touristique des vignobles de Touraine, ne faut-il pas commencer par Vouvray ? Le bourg jouit, il est vrai, d'un site panoramique remarquable, étagé à flanc de coteau au beau milieu des vignes... Ce gros bourg vigneron, où Balzac se plaisait tant, a adopté une statue de l'illustre Gaudissart, un personnage de la Comédie Humaine : ce commis voyageur rappelle opportunément qu'ici le vin couleur d'or est autant affaire de coeur que de bourse... Faut-il présenter les vins blancs de Vouvray ? Déjà exportés dans toute l'Europe sous l'Ancien Régime, nés sur un terroir argilo-calcaire bien exposé, ils se déclinent en vins champagnisés ou tranquilles, secs, demi-secs et moelleux. Certains grands millésimes tiennent facilement le demi-siècle. Mais n'en oublions pas les nombreuses habitations troglodytiques et l'église Notre-Dame qui possède deux chapelles creusées dans le tuf. Également riche en grottes de tuffeau, Rochecorbon (4 km à l'ouest de Vouvray) est célèbre pour sa « lanterne », une tour de guet élancée et située à crête de coteau : c'est probablement un vestige de la forteresse bâtie par le seigneur Corbon des Roches au 11e s. Les cinéphiles jetteront un coup d'oeil discret (propriété privée oblige) au moulin de Touvoie où Jean Cocteau tourna La Belle et la Bête en 1946. L'influence de l'Italie est omniprésente dans le Val de Loire, ce « jardin de la France » comme l'avait baptisé le moine florentin Antonio Florio. Les jardins en terrasses du château de Valmer (8 km au nord-est de Vouvray), dont le dessin est resté le même depuis le 17e s., sont en effet dignes des plus belles villas florentines avec leurs haies de buis soigneusement taillées, leurs hibiscus aux couleurs éclatantes, leurs pivoines délicatement festonnées et leurs fontaines bruissantes. Il est difficile de s'arracher à la quiétude des lieux.

Les roses du jardin du château de Valmer


Montlouis-sur-Loire
Entre Loire et Cher, voici Montlouis-sur-Loire sur son promontoire rocheux. Pas encore absorbé par la banlieue de Tours, ce petit village a donné son nom à l'appellation montlouis, née en 1938. En effet, jusqu'à cette date, les vins produits sur ce vignoble de 350 hectares environ étaient compris dans l'appellation vouvray. Comme cette dernière, le montlouis décline son cépage chenin blanc en secs, demi-secs, moelleux et pétillants, la notoriété en moins ! C'est donc l'occasion de faire des découvertes. À côté de l'église, un hôtel Renaissance (devenu presbytère) a conservé des lucarnes ornées de coquilles. Ne manquez surtout pas le château de la Bourdaisière qui vit naître l'une des plus célèbres favorites de l'Ancien Régime, Gabrielle d'Estrées, maîtresse d'Henri IV. Aujourd'hui, le lieu vaut le détour pour son extraordinaire conservatoire de la tomate (fort de 400 variétés !) dont s'occupe le prince Louis-Albert de Broglie.

Azay-le-Rideau et ses alentours

Célèbre pour son château bâti sur l'Indre, Azay-le-Rideau est aussi un petit village très agréable. L'appellation touraine-azay-le-rideau est la plus petite des appellations communales de Touraine. Ses 50 hectares de vignobles produisent un rosé sec et des vins blancs secs et demi-secs dont les meilleurs millésimes peuvent dormir en cave jusqu'à trois décennies...

Dans le bourg de Cheillé (5 km à l'ouest), les vestiges d'un pressoir gallo-romain rappellent une fois de plus que la culture du vin ne date pas d'hier. À Pont-de-Ruan (un lieu clef du Lys dans la vallée) et surtout à Saché, vous foulerez le coeur des terres balzaciennes de la vallée de l'Indre. Malgré ses 90 kg logés tant bien que mal dans 1,65 m, l'écrivain parcourait parfois à pied la route de Tours à Saché, en s'arrêtant régulièrement dans les fermes pour vider un pot de lait...
Les jardins du château de la Châtonnière
Un peu à l'écart de la route reliant Azay-le-Rideau à Langeais, ne manquez pas d'aller flâner dans les somptueux jardins du château de la Châtonnière, oeuvre commune de la propriétaire et paysagiste Béatrice de Andia et d'Ahmed Azeroual, l'ancien jardinier en chef du château de Villandry.

De Langeais à Bourgueil
Langeais serre ses maisons d'ardoise et de tuffeau au pied d'un château qui vaut le détour, épargné qu'il a été par tout remaniement postérieur (c'est rare). À l'extérieur, c'est une forteresse médiévale qui bombe ses grosses tours et toise méchamment le visiteur depuis ses chemins de ronde à créneaux et ses mâchicoulis ; à l'intérieur, changement total de décor : la douceur de la Renaissance s'annonce déjà avec cette façade de manoir aux fenêtres à meneaux. C'est là qu'Anne de Bretagne et Charles VIII se marièrent en 1491, mariage qui scella le rattachement de la Bretagne au royaume de France. Somptueusement décorés (certains panneaux et tapisseries rivalisent avec les plus grandes collections européennes), les appartements recèlent d'innombrables trésors de mobiliers : bahut gothique, lit à colonnettes (l'un des premiers), crédence...

À partir de Saint-Patrice, on pénètre dans le pays du Bourgueillois qui regroupe deux appellations, bourgueil et saint-nicolas-de-bourgueil, beaucoup plus petite et cantonnée uniquement autour du village du même nom. Ces deux vins célèbres se disputent des terroirs très proches, des sables et des graviers ou des terres calcaires comme le tuf. Encépagé en cabernet franc, le vignoble forme une véritable terrasse de 15 km de long et de 3 km de large, bien abritée des vents du nord par une épaisse forêt. Le château de Rochecotte est un haut lieu - méconnu - de l'histoire de France puisque c'est ici que l'habile et intriguant diplomate Talleyrand prit nombre de ses décisions politiques, tout en recevant Balzac ou Adolphe Thiers...

Entouré de vignes, de bois et de landes, Bourgueil coule aujourd'hui des jours paisibles. Notons que Ronsard y séjourna souvent et que l'acteur Jean Carmet, fils de bourrelier-sellier et poète à sa manière, y vit le jour dans une belle bâtisse du 15e s. sur la place de l'Église. Très bien restaurée, cette demeure abrite désormais la maison des vins de Bourgueil. Les stalles de l'église Saint-Germain (qui possède un choeur typique du gothique angevin ou plantagenêt) méritent plus qu'un coup d'oeil. Il reste peu de vestiges originaux de l'abbaye bénédictine (sortie est de la ville sur la route de Restigné) fondée à la fin du 10e s. et qui devint rapidement l'une des plus riches d'Anjou, faisant de Bourgueil une cité importante. On y cultivait la vigne - en témoignent les caves qui remontent probablement au haut Moyen Âge - sur une surface qui s'étendait de la forêt jusqu'à la Loire. Les bâtiments ouverts à la visite remontent à 1730 et permettent d'admirer, outre la salle à manger et le réfectoire, un monumental escalier à rampe de fer forgé. Au premier étage, les cellules des moines abritent maintenant un musée des arts et traditions populaires.
Au château des Sablons, le musée Van Oeveren de l'escrime, du duel et de l'arme blanche est une curiosité puisque son propriétaire est un véritable maître d'armes, ancien entraîneur national des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne et d'Israël ! Gentleman en verve, Rudy Van Oeveren, non content d'assurer les visites d'une collection qui comprend gravures, peintures, armures et armes, donne lui-même des cours d'escrime.

À Restigné (5 km à l'est de Bourgueil), la petite église arbore un portail décoré de bêtes fantastiques et d'un Daniel dans la fosse aux lions ; à l'intérieur, remarquez sous une nef du 11e s. les poutres à gueules de monstres. Le château des Réaux (4 km au sud de Bourgueil) fut la propriété au 17e s. de l'écrivain Tallemant des Réaux dont les Historiettes, recueillies des lèvres indiscrètes de la Marquise de Rambouillet, dresse un portrait passionnant de la société de son temps.

Vers Chinon
On s'arrête surtout à Varennes-sur-Loire pour bénéficier d'un point de vue exceptionnel sur le confluent de la Loire et de la Vienne et sur le château de Montsoreau. Premier village d'Anjou, Montsoreau marque l'entrée dans le pays saumurois. La ville est célèbre pour son château en bord de Loire, à la physionomie contrastée, mélange de rude architecture militaire et d'ornementations, typique de la première Renaissance française. Si les quais sont très agréables, la ville haute n'est pas en reste, avec ses points de vue sur la confluence de la Loire et de la Vienne et ses nombreux jardins fleuris. Se tenant en bord de Loire à la limite de l'Anjou et de la Touraine, Candes-Saint-Martin est un village de tuf, d'ardoise et de charme à consommer sans aucune modération. Lieu ô combien chargé d'histoire et de symboles, puisque c'est sur l'emplacement de sa collégiale (11e-15e s.) que l'évêque de Tours, saint Martin, mourut en 397. Or il n'y a pas de personnage plus important pour la vigne et le vin que ce saint, véritable trait d'union entre le monde gréco-romain, déjà très versé dans les cultes bachiques, et le monde chrétien où le vin occupe la place que l'on sait... Patron favori des vignerons, Martin aurait introduit la vigne sur les coteaux de la Loire, découvert la taille de la vigne et serait l'auteur d'innombrables miracles liés au vin...

À quelques kilomètres de là, l'abbaye de Fontevrauld, pur joyau de l'architecture angevine, est l'un des plus grands ensembles monastiques français. Abritant les somptueux gisants polychromes d'Henri II, d'Aliénor d'Aquitaine, de Richard Coeur de Lion et d'Isabelle d'Angoulême, l'ultime demeure des Plantagenêts est un lieu d'une richesse historique inouïe à savourer longuement. Pour la petite histoire, savez-vous que le sulfureux écrivain Jean Genet fut détenu à Fontevrauld quand le monastère faisait office de prison ?

Bénéficiant d'une bonne exposition au sud, le vignoble chinonais (2000 hectares) s'étend sur 19 communes réparties des deux côtés de la Vienne. Tiré du cabernet franc, le chinon rouge donne à la fois des vins légers et fruités à boire jeunes et de grands vins de garde aux arômes intenses. Au coeur de ces contrées tourangelles trône la ville de Chinon placée sous le double patronage de Rabelais et de Jeanne d'Arc. L'héroïne vint ici tirer de son oisiveté le futur Charles VII pour qu'il boutât la soldatesque anglaise hors du royaume de France. Mais le véritable héros de Chinon et de la Touraine tout entière demeure toujours le créateur de Pantagruel dont le culte imprègne presque chaque rue de la petite cité médiévale...

Procurez-vous la brochure gratuite Route des vignobles Touraine - Val de Loire auprès d'Interloire, 12 r. Étienne Pallu - B.P. 1921, 37019 Tours cedex 1. Tél. : 02 47 60 55 10. www.interloire.com

La vallée de la Loire est aujourd'hui une région passionnante qui est à la pointe de la viticulture authentique et respectueuse de l'environnement. Plus qu'ailleurs, on recense un nombre croissant de vignerons qui s'efforcent d'exprimer leurs terroirs avec sincérité, en limitant les rendements, en vendangeant à la main et en refusant l'utilisation de désherbants, d'engrais chimiques et d'enzymes exhausteurs de goût au cours de la vinification.


         
L'art de vivre à la tourangelle  Paysage de bord de Loire  Le château de la Bourdaisière La Touraine est le pays des caves creusées dans le tuffeau, une pierre calcaire Vignoble de Bourgueil